Aujourd'huin je vous propose un exercice poétique, sensoriel et symbolique.
Ce travail avec l’eau, la couleur et le plastique combine l’aléatoire, l’observation et la transformation du chaos en forme, un principe fondamental en art-thérapie.
Il permet à la fois d’expérimenter le lâcher-prise et de retrouver un sentiment d’ordre et d’unité à partir du désordre initial.
Matériel
- Aquarelles (3 à 4 teintes au choix)
- Pinceau large
- Pot d’eau
- Film plastique alimentaire
- Feutre noir fin ou stylo à encre noire
- Chiffon ou essuie-tout
- Votre petit carnet
1. Mouiller la feuille : préparer le terrain émotionnel
Mouiller la feuille, c’est un geste d’ouverture et de disponibilité.
C’est comme préparer le “sol intérieur” pour accueillir l’expérience.
L’eau symbolise la souplesse, l’émotion, la réceptivité.
Elle rend le support vivant, mouvant, prêt à recevoir les couleurs comme on se rend disponible à ses émotions.
Ce premier geste met le corps en lien avec la matière fluide : on commence à se détendre, à respirer, à s’abandonner.
2. Déposer les couleurs : laisser circuler la vie
Placer des pointes de couleur sur la feuille mouillée permet d’observer le mouvement spontané des pigments.
Les couleurs s’étalent, se fondent, se rencontrent, parfois se repoussent.
C’est une métaphore du monde intérieur : des émotions variées coexistent, se mélangent, se transforment.
Le participant devient témoin du processus : il ne contrôle plus, il observe, il accueille la vie en mouvement.
C’est un exercice parfait pour travailler le lâcher-prise et la pleine conscience.
3. Le film plastique : accueillir le chaos et la surprise
Poser un film plastique froissé sur la peinture mouillée crée un effet d’imprévu.
Les plis du plastique déplacent la couleur, tracent des frontières, des nervures, des motifs.
Quand on le retire, des formes inattendues apparaissent : un relief, un réseau, une texture nouvelle.
Ce geste symbolise la rencontre entre hasard et intention.
C’est un moment d’abandon total : la matière travaille seule.
Sur le plan psychique, il s’agit d’apprendre à laisser la vie “agir” en nous — comme l’eau et le pigment sous le plastique.
4. Observer et révéler les formes : du chaos à la structure
Une fois le plastique retiré, le regard entre en jeu : il cherche du sens dans les formes abstraites.
C’est un moment projectif : chacun perçoit quelque chose de différent — des galets, des paysages, des silhouettes…
Tracer au noir les contours des formes, c’est organiser l’espace, donner sens à l’aléatoire.
Ce geste de délimitation symbolise le besoin de structure après la fluidité.
C’est le passage de l’émotion brute à la conscience : je mets des contours à ce que je ressens.
5. Vertus thérapeutiques
- Apaisement émotionnel par l’observation de l’eau et des couleurs.
- Lâcher-prise face à l’imprévisible.
- Réappropriation du regard créatif (voir des formes dans le hasard).
- Transformation symbolique du chaos en ordre.
- Renforcement du sentiment d’harmonie intérieure.
- Travail de résilience : douceur, patience, stabilité retrouvée.
Sous le film, la couleur se déplace,
elle cherche son chemin, se heurte, s’étend, se calme.
Puis viennent les contours, comme un souffle d’ordre.
Le chaos se transforme en galets,
et l’eau a poli l’émotion jusqu’à la paix.
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