Voici un exercice qui s'articule autour d'un travail entre le collage coloré et la superposition du noir met en scène deux forces complémentaires : la profusion et la retenue, la vie et l’ombre, le visible et le caché.
Il s’agit d’un dialogue entre les couches, une exploration poétique de la dualité — entre l’intérieur vibrant et la surface apaisée.
Explorer la relation entre intériorité et visibilité à travers la superposition d’un collage foisonnant et d’une couche noire ajourée.
Matériel
- Magazines variés
- Ciseaux, colle
- Feuille blanche ou petit carnet
- Feuille noire (ou blanche peinte en noir)
- Crayon blanc ou gris pour tracer les formes
- (Facultatif) peinture, feutres, pastel, encres pour compléter
1. Le collage de chutes de magazine : l’abondance et la diversité
Assembler une multitude de chutes, c’est travailler avec la richesse du monde.
Chaque morceau est un fragment : de texte, d’image, de couleur, de matière.
En les réunissant, on construit une mosaïque intérieure, symbole de nos multiples facettes.
C’est une étape de création foisonnante, libre, intuitive : aucune règle, juste le plaisir de composer, d’assembler, de faire cohabiter les différences.
Cette première couche est l’expression du monde intérieur vivant, coloré, parfois chaotique, mais profondément authentique.
Sur le plan symbolique, ce collage représente la matière de soi : souvenirs, émotions, expériences, désirs.
“Chaque fragment porte la mémoire d’un instant, et leur réunion crée un nouveau récit.”
2. La feuille noire : voile, profondeur, mystère
Sur une autre feuille, peinte ou teintée en noir, on dessine puis on découpe une ou plusieurs formes arrondies.
Le noir agit ici comme un filtre : il vient voiler sans effacer, cacher tout en révélant.
Symboliquement, cette couche noire représente :
- l’inconscient,
- le mystère,
- la protection,
- ou parfois la distance nécessaire face à l’intensité émotionnelle.
Le fait de superposer cette feuille noire sur le collage agit comme un geste de mise en retrait : on accepte de ne pas tout montrer, de préserver certaines parts. C’est un exercice de juste limite et de choix de visibilité.
3. Les formes arrondies : douceur et intégration
Le choix des formes arrondies n’est pas anodin :
les courbes apaisent, adoucissent, enveloppent.
Elles rappellent la nature, les galets, les cellules, les corps.
L’arrondi est symbole de féminin, d’harmonie et de complétude.
Il s’oppose à l’angle (qui coupe, tranche, sépare).
Créer des ouvertures rondes dans le noir, c’est ouvrir la nuit à la lumière, donner au caché une voie douce de révélation.
Ces “fenêtres” permettent d’apercevoir des fragments du collage coloré, créant un jeu entre dedans et dehors, caché et visible, profondeur et surface.
4. Symbolique du processus : révéler sans tout dévoiler
L’ensemble du processus est une métaphore de l’équilibre intérieur :
nous avons tous une part visible, expressive, haute en couleur, et une part plus cachée, intériorisée, protectrice.
- Le collage représente le monde intérieur foisonnant.
- Le noir découpé symbolise le filtre de la conscience.
- Les ouvertures arrondies incarnent les points de passage, les zones de contact entre l’intérieur et l’extérieur.
C’est un travail sur la porosité psychique : comment je montre, comment je me protège, comment j’intègre la complexité de ce que je suis.
“Ce que je laisse voir parle de ce que je choisis d’aimer en moi.”
5. Vertus thérapeutiques
- Apaisement émotionnel : le collage libère, le découpage recentre.
- Travail sur la dualité : cacher/montrer, intérieur/extérieur.
- Renforcement du sentiment d’unité : relier des contraires en une œuvre cohérente.
- Valorisation du fragment et du multiple.
- Stimulation de la créativité intuitive et sensorielle.
- Exploration douce du rapport à soi et à la limite.
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