Aujourd'hui je vous présente un exercice ludique, sensoriel, ancré dans la matière et dans le geste !
Il combine l’exploration tactile, la découverte par l’empreinte et la création méditative par le dessin répétitif (type zentangle).
C’est un travail complet, qui stimule à la fois le corps, la créativité et la conscience de soi, tout en évoquant symboliquement la trace, la mémoire et la transformation.
Explorer la mémoire des formes et la créativité sensorielle à travers l’empreinte et le dessin méditatif.
Matériel
- Pâte à modeler (ou argile autodurcissante)
- Objets variés en relief (clés, pièces, coquillages, boutons, pâtes, tissus, etc.)
- Encre, peinture ou gouache
- Rouleau, pinceau ou tampon
- Feuille blanche ou carnet
- Feutre noir fin (pour les dessins autour)
- Lingette ou chiffon pour essuyer la pâte
1. Le contact avec la matière : ancrage et plaisir sensoriel
La pâte à modeler est un médium très primaire, archaïque — elle réveille le plaisir du toucher, le lien au corps et à la matière.
La modeler, la presser, l’aplatir, c’est entrer dans une relation directe avec la texture, la forme et la force du geste.
Ce contact concret stimule la motricité fine, l’attention sensorielle, et aide à l’ancrage corporel : on quitte la tête pour revenir dans le corps.
Le travail tactile ramène au présent, au “ici et maintenant”, favorisant l’apaisement et la régulation émotionnelle.
2. Faire des empreintes : mémoire et trace
En imprimant des objets dans la pâte (clés, pièces, pâtes, boutons, bijoux, etc.), on explore le langage de la trace.
L’empreinte est un symbole très fort : elle garde la mémoire d’un contact, d’un passage, d’un lien.
Sur le plan symbolique, cela évoque :
- Ce qui nous marque,
- Ce que nous gardons de nos expériences,
- Ce que nous laissons derrière nous.
Ce geste devient une manière de mettre en forme l’invisible : la présence d’un objet, d’un souvenir, d’une émotion se matérialise dans la pâte.
C’est un travail à la fois poétique et profondément psychique : on “fait apparaître” sans représenter.
“L’empreinte, c’est la mémoire du geste, la trace du vivant.”
3. Utiliser la pâte comme tampon : transformation et création
En appliquant de l’encre ou de la peinture sur la pâte à modeler, puis en l’utilisant comme tampon, on transforme l’empreinte en image.
L’objet réel devient forme symbolique, motif, graphisme.
Ce passage du volume à la surface, du tangible au visuel, traduit un processus de métamorphose : ce qui était une marque devient une expression.
C’est une métaphore du travail intérieur : transformer les traces du passé en matière créative.
4. Dessiner autour : relier, harmoniser, méditer
Le dessin autour des empreintes, dans l’esprit du zentangle, invite à un état de concentration détendue.
Les motifs répétitifs, les traits qui s’entrelacent, les lignes qui s’ajustent au hasard de l’impression, amènent le participant dans un état de flow, proche de la méditation.
Ce moment symbolise la réconciliation entre le chaos et l’ordre : on prend ce qui est là (l’empreinte hasardeuse) et on le relie, on l’intègre dans une composition harmonieuse.
C’est un travail d’appropriation et d’embellissement de l’imprévu, profondément thérapeutique.
5. Symbolique du processus
Chaque étape de l’exercice raconte une dimension de la vie intérieure :
- La pâte : la matière vivante, la réceptivité, le corps.
- L’empreinte : la trace, la mémoire, la marque des expériences.
- L’encre : la révélation, la mise en lumière.
- Le dessin autour : l’intégration, la mise en sens.
Ensemble, elles forment une métaphore de la résilience : accueillir les traces, les reconnaître, puis en faire une œuvre.
6. Vertus thérapeutiques
- Apaisement émotionnel par le contact avec la matière.
- Ancrage corporel et sensoriel.
- Travail symbolique sur la mémoire, la trace et le vécu.
- Développement de la créativité intuitive et de l’attention.
- Renforcement de la confiance dans le processus.
- Soutien de l’estime de soi par la transformation du “brut” en “beau”.
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