Pourquoi la surcharge d’informations bloque notre créativité

Le 29/07/2026 0

Vous avez déjà vécu ça ?

Vous avez envie d’écrire, de dessiner, de ranger vos idées, de commencer un projet. Vous vous installez. Vous ouvrez peut-être juste votre téléphone “deux secondes”. Et là, c’est le festival : un message, une notification, un titre d’article, une vidéo, une météo dramatique, une recette de tarte, une urgence qui n’en est pas une, trois opinions contradictoires et une publicité pour un objet dont vous ignoriez l’existence il y a huit minutes.

Puis vous revenez à votre carnet. Et plus rien.

Pas parce que vous n’avez aucune créativité. Pas parce que vous êtes “nul”. Pas parce que votre muse est partie faire du paddle sans prévenir. Mais peut-être parce que votre cerveau est saturé.

Trop d’informations ne nourrit pas toujours la pensée

On pourrait croire que plus nous recevons d’informations, plus nous avons de matière pour créer. C’est vrai jusqu’à un certain point. Une idée a besoin de rencontres, de lectures, d’images, de surprises.

Mais au-delà d’un seuil, l’information ne nourrit plus : elle encombre.

Une étude récente menée par Yang, Chen et Liu s’intéresse précisément à la manière dont la surcharge d’informations et de communications peut nuire à la performance créative. Les auteurs suggèrent que cette surcharge agit par deux chemins : elle affaiblit les émotions positives, augmente les émotions négatives et épuise les capacités d’autocontrôle nécessaires pour produire des idées nouvelles.

Autrement dit, la créativité n’est pas seulement une affaire d’inspiration. Elle demande un minimum de disponibilité intérieure.

La créativité a besoin d’un espace psychique

L’imagination ne fonctionne pas comme une machine à café : on n’appuie pas sur “idée originale” et hop, ça coule.

Une revue systématique publiée en juillet 2026 rappelle que l’imagination joue un rôle central dans le processus créatif, tout en restant encore moins étudiée que la créativité elle-même. Les auteurs montrent que l’imagination et la créativité sont liées, mais distinctes : l’une ouvre des possibles, l’autre les met en forme.

C’est une nuance importante.

Imaginer, c’est laisser venir des associations. Créer, c’est commencer à leur donner une direction. Pour cela, il faut un peu de flottement, un peu de silence, un peu d’ennui même. Pas un grand vide dramatique. Juste une respiration.

Or nos journées sont souvent remplies de micro-coupures. Une notification ne prend que trois secondes, mais elle laisse une petite trace. Une information anxiogène ne dure qu’un instant, mais elle modifie l’état émotionnel. Un message banal peut relancer une boucle mentale.

Le problème n’est pas seulement le temps perdu. C’est la qualité de présence perdue.

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Quand l’émotion sature, l’idée se cache

La créativité aime rarement les climats intérieurs trop crispés.

Cela ne veut pas dire qu’il faut être parfaitement calme pour créer. Beaucoup d’œuvres naissent de la colère, de la tristesse, du trouble, de l’inquiétude. Mais il y a une différence entre une émotion vivante, que l’on peut transformer, et une surcharge émotionnelle qui nous immobilise.

Une autre étude récente, menée auprès d’infirmiers, montre que la fatigue compassionnelle est associée à une baisse de créativité, en partie parce qu’elle épuise les ressources d’autorégulation.

Même si le contexte est professionnel et soignant, l’idée parle plus largement : quand nous passons notre journée à répondre, absorber, gérer, encaisser, nous avons moins de marge pour inventer.

La créativité ne disparaît pas. Elle se met en retrait, comme une personne polie qui attend que la pièce se calme pour parler.

Créer, c’est reprendre la main sur le flux

C’est ici que le lien avec l’art-thérapie devient intéressant.

L’art-thérapie ne consiste pas à produire une belle image pour faire joli dans le salon. Elle propose un espace où l’on peut déposer, déplacer, transformer. Le geste créatif devient une manière de reprendre contact avec ce qui se passe en soi.

Une étude publiée le 15 juillet 2026 sur l’expression de soi et la régulation émotionnelle dans le processus artistique rappelle que créer engage à la fois l’expression personnelle et la gestion des émotions.

Quand on dessine, découpe, peint, colle ou modèle, on ne fait pas seulement “une activité manuelle”. On ralentit la vitesse du flux mental. On choisit une couleur. On suit une ligne. On observe une forme. On passe d’un bombardement d’informations extérieures à une attention orientée.

Et cela change beaucoup de choses.

Le cerveau a parfois besoin de moins pour créer mieux

L’idéePhotographie représentant des personnes tenant des smartphones pour illustrer l'article Pourquoi la surcharge d’informations bloque notre créativité forte à retenir est simple : la créativité n’a pas toujours besoin d’être stimulée ; elle a parfois besoin d’être désencombrée.

Nous cherchons souvent une nouvelle méthode, un nouveau carnet, une nouvelle formation, une nouvelle application, une nouvelle astuce. Mais parfois, la première étape est beaucoup plus modeste : retirer un peu de bruit.

  • Fermer les onglets.
  • Retourner le téléphone.
  • Marcher dix minutes.
  • Dessiner sans objectif.
  • Faire une tache de couleur et voir ce qu’elle appelle...

Une étude récente sur le croquis de paysage en extérieur suggère d’ailleurs que l’acte de dessiner dans un environnement naturel ou culturel peut être associé à un mieux-être émotionnel et à une croissance personnelle perçue. Les auteurs restent prudents, car l’étude repose sur des données déclaratives, mais elle confirme une intuition précieuse : l’art peut servir de médiateur entre ce que nous percevons dehors et ce que nous réorganisons dedans.

En pratique : ne cherchez pas l’idée, préparez son arrivée

Quand l’esprit est saturé, il est souvent inutile de se dire : “Allez, sois créatif.”

C’est comme demander à une casserole qui déborde de préparer tranquillement une soupe raffinée. Elle fait ce qu’elle peut, la pauvre.

La bonne question devient plutôt : de quoi mon esprit a-t-il besoin pour redevenir disponible ?

Parfois, la réponse est le repos. Parfois, le mouvement. Parfois, une page blanche qui n’a aucune ambition. Parfois, un exercice très simple : choisir trois couleurs pour représenter l’état du moment, sans chercher à comprendre tout de suite.

L’art-thérapie nous apprend cela : avant de formuler, on peut figurer. Avant d’expliquer, on peut déposer. Avant de créer quelque chose de “réussi”, on peut créer un espace où quelque chose redevient possible.

Si cette réflexion vous parle, les pratiques proposées dans le programme de gestion du stress par l’art-thérapie ou dans les Matins Miracles d’Art-Thérapie peuvent être un prolongement naturel : non pas pour “produire”, mais pour retrouver un rendez-vous régulier avec votre attention.

 

Exercice d'art-thérapie : le tri visuel des sollicitations

Durée : 15 minutes.

Tracez un grand cercle au centre d’une feuille.

À l’extérieur du cercle, notez ou dessinez toutes les sollicitations qui vous encombrent : messages, obligations, pensées, écrans, inquiétudes.

À l’intérieur du cercle, choisissez seulement trois éléments que vous voulez garder aujourd’hui.

Ajoutez une couleur pour représenter ce que vous souhaitez retrouver : calme, clarté, énergie, curiosité.

Terminez par une phrase : “Aujourd’hui, je rends de la place à…”

L’objectif n’est pas de faire beau. L’objectif est de rendre visible ce qui prend trop de place.

 

Sources

  • Yang, M., Chen, S. & Liu, C. How information and communication overload impairs creative performance in the digital technology age, Frontiers in Psychology, article accepté le 20 juillet 2026.
  • Wang, B. et al. The association between compassion fatigue and nurses’ creativity, Frontiers in Psychology, publié le 15 juillet 2026.
  • Yu, A. & Shi, Z. The psychometric properties of the self-expression and emotion regulation in art making scale, Frontiers in Psychology, publié le 15 juillet 2026.
  • Lamb, K. N. & Puryear, J. S. Imagination and the creative process: a systematic review, Frontiers in Psychology, publié le 3 juillet 2026.
  • Liu, M. & Feng, L. The psychological benefits of outdoor landscape sketching, Frontiers in Psychology, publié le 24 juillet 2026.

 

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FAQ – Pourquoi la surcharge d’informations bloque notre créativité

Pourquoi trop d’informations fatigue-t-il le cerveau ?

Parce que chaque information demande un minimum d’attention, de tri et parfois de réponse émotionnelle. À force, les ressources mentales disponibles diminuent.

La surcharge informationnelle peut-elle vraiment bloquer la créativité ?

Les travaux récents suggèrent qu’elle peut nuire à la performance créative en affectant les émotions et l’autocontrôle, deux ressources importantes pour créer.

Faut-il être calme pour être créatif ?

Pas nécessairement. Mais il faut pouvoir transformer ce que l’on ressent. Une surcharge émotionnelle non régulée peut freiner l’élan créatif.

L’art-thérapie aide-t-elle à retrouver de la disponibilité mentale ?

Elle peut y contribuer en ramenant l’attention vers le geste, la matière, la couleur et l’expression de soi, dans un cadre sécurisant.

Quel exercice simple faire quand on se sent saturé ?

Commencer par une page sans objectif : trois couleurs, quelques formes, puis une phrase. Le but est de déposer, pas de réussir.

art-thérapie art et bien-être stress et cerveau

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